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18aoû15


Aux frontières avec la Tunisie et la Libye, l'alerte rouge est décrétée


Aujourd'hui, la Ligue arabe examinera, sur demande du gouvernement libyen de Abdallah Al Theni, reconnu par la communauté internationale, la prise des mesures militaires à Syrte (Libye) contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

L'étude de cette demande aura lieu lors d'une réunion extraordinaire. Et si quelques pays arabes, dont l'Egypte, sont favorables pour une intervention militaire, l'Algérie, quant à elle, campe sur sa position et demeure hostile à toute intervention étrangère sur le sol libyen avec lequel elle partage 982 km de la frontière.

Sur le terrain, l'Algérie, craignant le chaos dans ce pays voisin, a répondu immédiatement par le déploiement d'une task force renforçant la sécurité sur tout le tracé frontalier est et sud/est. Impressionnante, cette task force l'est à plus d'un titre.

Des sources militaires sur place confirment ainsi le renforcement des moyens en place des éléments des garde-frontières (GGF) par la mobilisation de plusieurs contingents militaires.

«Face aux multiples exactions de Daech qui gagne de plus en plus de terrain dans le territoire libyen, l'Algérie ne peut que se préparer à tous les scénarios.

Sans verser dans la panique, c'est à titre préventif que ce renforcement a été décidé pour pallier à toute éventuelle infiltration de terroristes sur notre territoire depuis la Libye. Des hélicoptères ratissent quotidiennement, jour et nuit, le tracé frontalier entre l'Algérie et la Libye de même que les 4x4 des GGF.

Les Douanes algériennes et la Police aux frontières (PAF) sont également sur le qui- vive», assurent les mêmes sources. Ainsi, en ligne de mire, la sécurisation de la frontière algéro-libyenne pour empêcher des éléments armés des villes de Nalout et de Zenten de se diriger vers le Sahara ou l'Est algérien.

Le plan sécuritaire revu

Le défi sécuritaire est tellement important qu'il a poussé l'état-major de la Gendarmerie nationale à faire appel à ses réserves militaires pour parer à toute tentative d'incursion terroriste.

En effet, les troubles sécuritaires que connaît actuellement la Libye accentuent la pression sur cette région frontalière, affirment des sources militaires à El Watan, poussant l'état-major à revoir en permanence le plan sécuritaire des unités ANP, GGF, groupements et escadrons des unités routières territoriales et surtout l'interopérabilité entre toutes les unités de l'armée (ANP) et des GGF.

Les mêmes sources ont relevé, ces derniers temps, que «tout le long de la frontière avec la Libye, les forces régulières de ce pays se sont retirées dernièrement pour renforcer la sécurité au niveau de la capitale Tripoli, de Syrte et de Benghazi, dégradée considérablement ces dernières semaines.

Ce vide a été immédiatement suppléé par des groupes de milices aux desseins inavoués ; elles sont issues des tribus touareg et de Zentan avec lesquelles l'armée algérienne a refusé catégoriquement de coopérer.

Pour réduire l'espace entre les brigades de contrôle aux frontières est et sud-est, le commandement de la Gendarmerie nationale a créé 12 postes frontaliers destinés aux gardes-frontières (GGF). Plusieurs autres sont en cours de réalisation».

Et d'ajouter : «Les chantiers des postes frontaliers des garde-frontières réalisés ou en cours ont été l'objet de plusieurs visites du colonel Berkani Mohamed, le commandant des GGF. Ils seront tous exploités avant la fin de l'année.»

Outre l'imperméabilisation des frontières sud-est, l'armée algérienne et les GGF sont aux aguets face aux contrebandiers spécialisés dans le trafic d'armes, la majorité de l'arsenal de l'ancien régime El Gueddafi étant détenue par différentes factions libyennes.

Échanges entre l'Algérie et la Tunisie

Actuellement, pas moins de 20 000 militaires sont installés le long des frontières est et sud-est, auxquels il faut ajouter un renfort de 1500 militaires et autant de GGF qui mènent régulièrement, jour et nuit, des opérations de ratissage avec une couverture aérienne qu'assurent des pilotes de la gendarmerie et de l'ANP.

Le degré de vigilance est de même niveau sur les 965 km du tracé frontalier entre l'Algérie et la Tunisie, notamment dans les wilayas de l'extrême est.«Des réunions du conseil de sécurité présidés par les walis à El Tarf, Souk Ahras, Tébessa et El Oued, implantées sur le tracé frontalier avec la Tunisie, sont tenues quotidiennement pour s'enquérir en temps réel de la situation sécuritaire qui y prévaut.

Les PV sont transmis immédiatement aux ministères de la Défense nationale et de l'Intérieur. Par réciprocité, une copie pour information est transmise également aux autorités tunisiennes», affirment les mêmes sources sécuritaires.

Du côté tunisien, on confirme ces échanges et cette coopération sécuritaire : «Il existe une coordination sécuritaire basée sur l'échange d'informations entre l'Algérie et la Tunisie pour assurer la sécurité de notre frontière commune.»

Mieux, la Tunisie a sollicité l'Algérie pour former des éléments de ses services de sécurité dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Depuis, l'Algérie a répondu à cet appel sur trois volets, à savoir la coopération stratégique entre les deux Etats ; la coopération opérationnelle entre les institutions sécuritaires et enfin une coopération technique sur le terrain (frontière).

Quant à la formation, le commandement de la Gendarmerie nationale assure depuis quelques mois des stages pour plusieurs promotions de la Garde nationale tunisienne.

La formation a concerné, entre autres, la lutte contre la guérilla conventionnelle, le démantèlement des réseaux terroristes, la détection de bombes et le désamorçage, le repérage des individus suspects, l'intervention rapide (assaut), la libération des otages et la protection des personnalités VIP.

Il est à souligner que la Gendarmerie nationale est le seul corps militaire qui assure la formation à l'étranger au profit des paracommandos (groupes d'élite),la formation pratique étant dispensée dans leur pays.

[Source: Par Gaidi Mohamed Faouzi, El Watan, Alger, 18aoû15]

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Libya War
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