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22jan19


Tel-Aviv dit avoir frappé à nouveau des cibles iraniennes


Israël essaie de maintenir une coordination avec la Russie tout en conservant toute latitude pour effectuer des bombardements sur le territoire syrien. Jeudi, des responsables militaires des deux pays ont conclu une série de pourparlers destinés à améliorer leur coordination sur le théâtre syrien déchiré par les conflits.

Israël a indiqué avoir frappé tôt hier des positions du régime syrien et de l’Iran en Syrie, en «réponse» à un missile sol-sol tiré par les Iraniens, rapporte l’AFP. De son côté, l’agence de presse officielle syrienne Sana, citant une «source militaire», a indiqué que la défense antiaérienne syrienne a riposté dans la nuit de dimanche à lundi à des tirs de missiles contre la Syrie, après des frappes israéliennes menées dimanche dans la journée dans le sud du pays.

L’armée russe a aussi confirmé que des frappes israéliennes ont touché la Syrie. Selon elle, quatre soldats syriens ont été tués et six autres blessés. Israël a accusé l’Iran d’avoir tiré dimanche un missile sol-sol depuis la Syrie vers la partie du plateau du Golan occupé par Israël. Ce missile a été intercepté par le système de défense aérien Iron Dome, selon l’armée israélienne.

«Hier (dimanche), la force iranienne Qods (des Gardiens de la révolution iranienne, une unité d’élite de l’armée iranienne) opérant en territoire syrien a lancé un missile sol-sol depuis le territoire syrien» vers le Golan, a affirmé l’armée israélienne dans un communiqué. Avec ce tir, l’Iran «offre de nouveau une preuve irréfutable de ses intentions réelles de s’enraciner en Syrie, ce qui menace l’Etat d’Israël et la stabilité régionale», a ajouté l’armée.

«En réponse à l’attaque, pendant la nuit, les avions de combat de l’armée ont attaqué des sites militaires de la force iranienne Qods en Syrie et des batteries syriennes de défense aérienne», a-t-elle ajouté. Parmi les objectifs visés, selon l’armée israélienne, des «sites de stockage de munitions, un site situé sur l’aéroport international de Damas, un site de renseignement iranien et un camp d’entraînement militaire iranien» de la force Qods en Syrie. Pendant les frappes israéliennes, «des dizaines de missiles syriens sol-air ont été lancés (…), en réponse, plusieurs batteries de défense aérienne des forces armées syriennes ont été attaquées», a ajouté l’armée.

Au cours des derniers mois, l’armée israélienne a effectué en Syrie des centaines de frappes aériennes contre des objectifs militaires iraniens et contre des armements devant être livrés au Hezbollah. Mais il est rare qu’Israël confirme publiquement avoir mené des frappes en Syrie. «Nous avons une politique bien établie : saper l’enracinement de l’Iran en Syrie et nuire à quiconque tente de nous nuire», a déclaré dimanche le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, lors d’un déplacement au Tchad.

Risque d’escalade

Une semaine auparavant, il a reconnu que l’aviation israélienne a effectué deux jours plus tôt un raid contre des «entrepôts d’armes» iraniens dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas, une rare confirmation de la part d’un responsable israélien. Ceci dit, Israël risque, cependant, de s’engager dans une escalade militaire avec la Syrie et l’Iran, mais aussi d’irriter la Russie.

La coopération militaire entre l’Etat hébreu et Moscou s’est compliquée depuis un incident en septembre, lorsque la défense antiaérienne syrienne a par erreur abattu un avion russe lors d’une frappe israélienne. Les 15 militaires russes qui se trouvaient à bord ont été tués.

Moscou a alors équipé Damas du système antiaérien S-300, plus avancé, ce qui a rendu les opérations israéliennes plus difficiles. Israël essaie depuis de maintenir une coordination avec la Russie tout en conservant toute latitude pour effectuer des bombardements sur le territoire syrien. Jeudi, des responsables militaires des deux pays ont conclu une série de pourparlers destinés à améliorer leur coordination sur le théâtre syrien déchiré par les conflits. Israël a mené de nombreuses frappes en Syrie, pays en guerre depuis 2011, visant le régime du président syrien, Bachar Al Assad, ou ses alliés, comme le mouvement libanais Hezbollah et l’Iran.

Le 30 janvier 2013, l’aviation israélienne bombarde près de Damas un site de missiles sol-air et un complexe militaire soupçonné d’abriter des produits chimiques, selon un responsable américain. Le 18 janvier 2015, un raid attribué par des sources iraniennes à Israël, près du Quneitra (sud), tue six membres du Hezbollah et un général des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne. Le 19 décembre de la même année, Samir Kantar, figure du Hezbollah longtemps incarcéré en Israël, est tué dans un raid dans la banlieue de Damas, selon le Hezbollah.

Le 17 mars 2017, Israël affirme avoir ciblé des armes «sophistiquées» destinées au Hezbollah près de Palmyre (centre). Le 10 février 2018, Israël mène des attaques aériennes, après avoir intercepté un drone venu de Syrie, perdant un avion. Le 9 avril, au moins 14 combattants, dont 7 Iraniens, sont tués dans une frappe, imputée par Damas et Téhéran à Israël, visant une base militaire dans la province de Homs. Le 8 mai, une frappe attribuée à Israël par la Syrie et une organisation non gouvernementale (ONG) tue 15 combattants prorégime étrangers, dont 8 Iraniens près de Damas.

Le 10 mai, Israël mène des dizaines de raids contre des cibles présentées comme iraniennes, affirmant riposter à des tirs de roquettes contre la partie du plateau du Golan sous son contrôle. Au moins 27 combattants prorégime, dont 11 Iraniens, sont tués. Début septembre, un responsable israélien a indiqué que l’armée israélienne a mené quelque 200 frappes au cours des 18 derniers mois, visant principalement des cibles iraniennes.

[Source: El Watan, Alger, 22jan19]

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