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12jan15


Google et Gmail expulsés de Chine


Selon un rapport de Transparency mis en ligne par Google et repris par Le Point, la messagerie du géant américain, mise en difficulté par la Chine depuis le mois de juin, est désormais inaccessible depuis tout type de support.

Depuis quelques jours, l'accès à la messagerie électronique Gmail est bloqué dans l'empire du Milieu. Il est désormais presque impossible de se connecter à la boîte mail depuis un smartphone ou une tablette.

Un nouveau cran dans la censure visant à expulser le moteur de recherche américain du pays, selon les organisations de défense de la liberté sur le Net. "Depuis le 26 décembre, la grande muraille pare-feu de la Chine a commencé à bloquer un grand nombre d'adresses IP utilisées par Gmail. Les utilisateurs chinois n'ont plus aucun moyen d'accès à ce service.

Le gouvernement veut expulser définitivement Google et peut-être l'affaiblir sur d'autres marchés.

Il s'agit d'une nouvelle étape dans l'offensive menée contre Google, qui a fermé ses bureaux en Chine en 2011, après avoir refusé de coopérer avec les autorités du pays. Depuis juin dernier, Gmail est pratiquement inopérant sur place depuis un ordinateur. Ces derniers mois, il était encore possible de consulter ses messages via un smartphone. Une faille désormais colmatée, durant les vacances de Noël, au moment où de nombreux expatriés, grands utilisateurs de cette messagerie, sont en vacances.

Des efforts qui s'inscrivent dans une stratégie de mise au pas des réseaux sociaux, notamment lors des manifestations de Hong Kong. "Ces deux dernières années, on a constaté un renforcement constant de toutes les formes de censure sur l'Internet" en Chine, estime le rédacteur en chef du site danwei.org, également bloqué, tout comme Twitter, Facebook et YouTube.

La mise au ban de Gmail a suscité la colère d'utilisateurs chinois, dont certains ont même lancé une pétition sur le site de la Maison-Blanche, en désespoir de cause. "Si nous restons silencieux, de quoi serons-nous privés la prochaine fois ?" s'inquiète un internaute sur Weibo. Une goutte d'eau dans l'océan, dans un pays où l'écrasante majorité des internautes a recours aux messageries locales, grandes bénéficiaires des déboires du géant Google, devenu nain en Chine.

Seule parade qui reste aux internautes locaux, l'installation d'un VPN permettant de localiser son adresse IP hors du pays. Les États-Unis ont exprimé leurs "inquiétudes" quant aux "efforts de la Chine pour saper la liberté d'expression, notamment sur Internet", sans accuser ouvertement Pékin d'avoir coupé Gmail. "Nous encourageons la Chine à être transparente dans ses rapports avec les multinationales", a néanmoins glissé un porte-parole américain.

Par ailleurs, les services chinois ont bloqué l'accès à la messagerie électronique de Google, Gmail, une étape supplémentaire dans la volonté de Pékin d'établir sa propre "souveraineté" sur l'Internet. Les entraves pour se connecter en Chine à Gmail ne sont pas récentes, pas plus que les tensions entre Google et Pékin, mais ces dernières mesures viennent parachever le blocage en Chine du premier service de messagerie du monde.

Les ultimes voies d'accès à Gmail ont été fermées ces derniers jours, le trafic de connexions entre la Chine et la messagerie de Google accusant vendredi une chute brutale, selon les données publiées par le "Google's Transparency Report". "Nous avons procédé à des vérifications et il n'y a rien d'anormal de notre côté", a déclaré un porte-parole de Google basé à Singapour.

Ce blocage total de Gmail s'inscrit dans une "attitude de plus en plus agressive (des autorités à Pékin) concernant ce qu'elles appellent leur souveraineté sur l'Internet", a commenté un expert de l'Internet en Chine. De nombreux internautes chinois ont exprimé leur colère en demandant une levée de la censure visant Gmail. "Les raisons du blocage de Gmail sont les soucis politiques intérieurs. Cela montre combien le contexte politique actuel est sombre", a jugé l'un d'entre eux. Le Parti communiste chinois (PCC) s'emploie en effet à gérer l'Internet, qui a joué ces dernières années un rôle de puissante caisse de résonance des critiques du régime.

Selon des mesures adoptées en septembre, les internautes chinois risquent jusqu'à trois ans de prison pour des messages jugés diffamatoires publiés plus de 500 fois ou consultés plus de 5 000 fois. De nombreux internautes et journalistes ont été arrêtés cette année et certaines des voix critiques les plus influentes sur les réseaux sociaux ont dû se livrer à d'humiliantes "autocritiques" à la télévision.

Les autorités chinoises ont de surcroît mis en place une censure très perfectionnée d'Internet, qui est expurgé des sites politiquement sensibles, afin que ne puisse s'organiser de dissidence. Twitter, YouTube et Facebook sont bloqués dans le pays, ainsi que de nombreux sites d'information.

[Source: El Moudjahid, Alger, 12jan15]

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